Note 103 — SOMMAIRE.
Reading edition
Marcel avait été tué le mardi 31 juillet. Dès le lendemain mercredi 1er août, le roi de Navarre concluait avec les Anglais un traité d’alliance, rapporté par erreur dans Rymer (vol. III, p. 228) au 1er août 1351, mais auquel Secousse a restitué le premier avec beaucoup de sagacité sa véritable date (Hist. de Charles le Mauvais, p. 318, note 1). Ce traité, qui était de la part du roi d’Angleterre une violation aussi déloyale que flagrante de la trêve de Bordeaux, reconnaissait les droits d’Édouard III sur le royaume de France en même temps qu’il assurait au roi de Navarre le comté de Champagne et de Brie. Il y avait une réserve relative au duché de Normandie, au comté de Guines et au bailliage d’Amiens; les deux rois devaient décider de la possession de ces provinces à leur première entrevue. Les plénipotentiaires du roi de Navarre qui signèrent ce traité étaient Martin Henriquez, Jean et Robert de Picquigny, Pierre de Saquainville, Jean de Fricamps et Jean Ramirez. Les négociations préparatoires d’un acte aussi important purent-elles avoir lieu sans qu’il en transpirât quelque chose dans Paris, et n’eurent-elles pas une certaine influence sur la révolution du 31 juillet? Quoi qu’il en soit, le contenu du traité du 1er août montre le but où le roi de Navarre voulait entraîner la France et permet de juger en parfaite connaissance de cause la politique dont Marcel se faisait l’instrument. Pour prouver que ce traité est bien daté, non du 1er août 1351, comme Rymer l’a imprimé par une faute de lecture, mais du 1er août 1358, il suffit de citer la phrase suivante: «Et ceuls qui à present tienent places ès parties de Normandie et d’ailleurs, les tendront et garderont jusques à tant que les deux seigneurs aient ordené et acordé, except les pons et places de Poissy et de Saint Clou et de toutes autres forteresces et places qui ont esté prinses et occupées depuis que le dit roy de Navarre manda les genz d’Engleterre derreiner a venir devers lui....» Le 1er août 1351, le roi de Navarre était dans les bonnes grâces du roi Jean qui lui avait fait épouser sa fille et l’avait institué son lieutenant général dans le Languedoc; de plus, les Anglais n’étaient ni à Poissy ni à Saint-Cloud, tandis qu’ils occupaient au contraire ces forteresses, comme on l’a vu plus haut (p. XXXII, note 2), le 1er août 1358.