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Chroniques de J. Froissart, tome 05/13

Note 101 — SOMMAIRE.

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Froissart attribue la révolution du 31 juillet à l’inspiration divine (p. 115, 334, 337); le rédacteur des Grandes Chroniques (t. VI, p. 131), «à Dieu qui tout voit, qui vouloit la dite ville sauver.» Dans ce dernier ouvrage, dont le témoignage a une importance exceptionnelle, comme aussi dans une lettre confidentielle du régent au comte de Savoie, dont il sera question plus loin, on ne dit ou on ne laisse entendre nulle part que cette révolution eût été concertée à l’avance entre le régent et Jean Maillart et Pepin des Essarts qui s’en firent les chefs. Quelques jours seulement avant le 31 juillet, le duc de Normandie traitait encore Jean Maillart comme un rebelle et confisquait ses biens qu’il donnait au comte de Porcien (JJ86, no 151). Si, comme on l’a prétendu, cet acte n’était qu’une fiction, si la révolution qui renversa Marcel avait été concertée entre ses chefs et le régent, n’est-il pas évident que celui-ci aurait dû se tenir le plus près possible du théâtre des événements pour en profiter? Eh bien! le duc de Normandie fit tout le contraire. Dès le vendredi 20 juillet, il leva son camp du pont de Charenton pour aller au Val-la-Comtesse; et le lendemain de la mort de Marcel, c’est-à-dire le mercredi 1er août, il n’était pas au pont de Charenton, comme Froissart le dit par erreur, mais à Meaux d’où il a daté plusieurs actes (JJ86, no 192; JJ90, no 107). Dans la lettre qu’il adressa le vendredi 31 août 1358 à Amé VI, comte de Savoie, son beau-frère (Amé, surnommé le Vert, avait épousé en août 1355 Bonne de Bourbon, sœur de Jeanne de Bourbon, duchesse de Normandie), dans cette lettre, dis-je, publiée pour la première fois par M. Combes (Mémoires lus à la Sorbonne par divers savants, année 1869, p. 236 à 242), le régent affirme aussi qu’il était à Meaux le jour où s’accomplit la révolution qui renversa Marcel: «Et tantost après la dite delivrance (des gens d’armes anglais mis en prison par les bourgeois de Paris), nous estans toujours à Meaulx, fu traictié entre le dit roy (de Navarre), le dit prevost des marchans et autres traitres que, le mardi au soir dernier jour de juillet dernier passé (31 juillet), icelli roy et les dis Anglois entreroient en la dite ville par nuit.... Et, ces choses faites, le dit peuple et nos bons amis et subgiés de Paris envoièrent par devers nous a Meaulx». Le régent ne fit son entrée à Paris que le jeudi 2 août (JJ86, no 431; Gr. Chron., t. VI., p. 134). V. Bibliothèque de l’École des Chartes, t. XVIII (1856-1857), p. 415 à 426; t. XXI (1859-1860), p. 73 à 92, 241 à 282; Revue critique, no du 2 août 1873, p. 82 à 87.

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