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Chroniques de J. Froissart, tome 05/13

Note 100 — SOMMAIRE.

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La seconde rédaction, représentée par le manuscrit d’Amiens (p. 334), ne nomme que Jean Maillart, qui est aussi seul cité par Jean le Bel (Chroniques, t. II, p. 229). Les mss. A 8, 9, 15 à 17, 20 à 22 (p. 337, 338) substituent Pepin des Essarts et Jean de Charny comme chefs du parti du régent à Jean et à Simon Maillart, tout en faisant jouer un rôle très-notable à Jean Maillart dans le mouvement populaire qui amena la chute et la mort de Marcel. Dans un mémoire lu le 28 avril 1778, en séance publique de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Dacier s’était efforcé de prouver que la gloire de la révolution du 31 juillet 1358 est due, non à Jean Maillart, mais aux deux chevaliers Pepin des Essarts et Jean de Charny (Mém. de l’Académie des Inscriptions, t. XLIII, p. 563). M. Lacabane entreprit, en 1840, de réfuter Dacier (Bibl. de l’École des Chartes, t. I, p. 79 à 98). La conclusion de son très-savant travail est qu’à Jean Maillart et au peuple de Paris revient la principale part dans la révolution du 31 juillet 1358, et que Pepin des Essarts n’y a joué qu’un rôle secondaire (p. 97). M. Lacabane a tout à fait raison contre Dacier en ce qui concerne Jean de Charny; mais nous croyons que Pepin des Essarts, comme chef du parti jusque-là plus ou moins occulte du régent, et Jean Maillart, en se ralliant à ce parti avec éclat et en y entraînant ses amis après avoir été l’un des principaux adhérents de Marcel, jouèrent l’un et l’autre un rôle bien distinct, mais également marquant, également actif dans la révolution du 31 juillet 1358. Sur cette question, aucun témoignage ne saurait égaler l’autorité des Grandes Chroniques de France écrites sous l’inspiration de Charles V lui-même; or, les Grandes Chroniques (t. VI, p. 132) reconnaissent l’initiative distincte de Jean Maillart et de Pepin des Essarts, et placent ces deux personnages sur la même ligne. Ainsi fait le régent au lendemain même de la révolution du 31 juillet, lorsqu’il accorde des lettres de rémission en août 1358 à Hennequin le Flamand (JJ76, no 196), à Nicolas le Flamand (JJ86, no 209), «present messire Pepin des Essars, Jehan Maillart et plusieurs autres,» à Pierre de Lagny (JJ86, no 206), «pour contemplacion de nos amez et feaulx chevalier et conseillier messire Pepin des Essars et Jehan Maillart», lorsqu’il avait donné avant le 28 février 1359 (n. st.) les maisons de Robin du Castel sises à Paris «à messire Jehan de la Rivière, à messire Pepin des Essars, chevaliers, nos chambellans, et à Martin des Essars, escuier de cuisine du roy» (JJ90, no 49), lorsqu’il donne en août 1358 tous les biens confisqués de Guillaume Lefèvre à son amé et féal Jacquet des Essars, son huissier d’armes, «pour contemplacion de nostre amé et feal messire Pepin des Essars, chevalier». JJ86, no 197. Que devient en présence de ces textes l’assertion suivante (p. 91) de M. Lacabane: «Si la part que Pepin des Essars prit à cette révolution était aussi grande que le prétend M. Dacier, n’en eût-il pas été récompensé par le régent, et ne trouverions-nous pas encore aujourd’hui dans le Trésor des Chartes ou dans les autres collections du temps quelque pièce émanée de ce prince et qui nous ferait connaître les motifs et la nature même de cette récompense? Or, toutes mes recherches à ce sujet ont été infructueuses, et je puis presque affirmer qu’aucun témoignage de ce genre n’a jamais existé NI POUR LUI ni surtout pour le chevalier Jean de Charny....»—Que dire à plus forte raison de ces phrases de M. Kervyn de Lettenhove: «Où retrouver messire Pepin des Essarts, si ce n’est dans Philippe des Essarts? Le prénom de Pepin était-il une abréviation de celui de Philippe? N’y a-t-il ici qu’un sobriquet que sa petite taille aurait expliqué? Froissart parle ailleurs de messire Pepin de Werre. Ne s’appelait-il pas aussi Philippe?» Œuvres de Froissart, Chroniques, Introduction, IIe et IIIe parties (1873), p. 95.

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