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Chroniques de J. Froissart, tome 04/13

Note 198 — SOMMAIRE

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D’après Robert de Avesbury, Édouard fit crier dans les rues de Londres le 11 septembre que tous chevaliers, gens d’armes et archers se tinssent prêts à partir le 29 septembre de Sandwich pour Calais; le 15 et le 26 de ce mois, il défendait de faire sortir des ports aucun navire jusqu’à la Saint-Michel (Rymer, vol, III, p. 313). Grâce à ces mesures, une armée de plus de trois mille hommes d’armes, avec deux mille archers à cheval et un grand nombre d’archers à pied, était réunie à Calais avant la fin d’octobre. Ce qui avait déterminé le roi d’Angleterre à lever des forces si considérables, c’était sans doute la célèbre ordonnance par laquelle le roi Jean son adversaire avait convoqué à Amiens, dès le 17 mai de cette année, le ban et l’arrière-ban, c’est-à-dire tous les hommes valides depuis dix-huit jusqu’à soixante ans (Arch. nat., sect. hist., K47, nº 35); mais nous apprenons par des lettres de rémission, octroyées en décembre 1355 aux habitants de Paris, que les contingents des communes, outre qu’ils étaient très-incomplets, n’arrivèrent pas en temps (JJ84, p. 456). S’il fallait en croire Robert de Avesbury (v. p. 205 à 207), Édouard serait entré en campagne et aurait marché sur Saint-Omer le 2 novembre. Le roi Jean, arrivé dans cette ville avec une puissante armée, n’aurait osé attendre les Anglais et se serait retiré devant eux en ayant soin d’enlever tous les approvisionnements pour les affamer. La disette de vivres seule aurait forcé Édouard à s’arrêter à Hesdin et à regagner, par la route de Boulogne, Calais, où il serait rentré après dix jours de chevauchée le jour de Saint-Martin d’hiver (11 novembre). L’itinéraire du roi Jean, que nous avons dressé d’après les actes, prouve que le récit du chroniqueur anglais est de toute fausseté, du moins en ce qui concerne la marche de l’armée française. Le roi de France, en effet, est à l’abbaye de Saint-Fuscien (Somme, ar. Amiens, c. Sains) le 28 octobre (JJ84, p. 352), à Amiens le 5 (JJ84, p. 335) et le 7 novembre (JJ84, p. 412), à Coisy près Amiens (Somme, ar. Amiens, c. Villiers-Bocage) en novembre (JJ84, p. 419), à Lucheux (Somme, ar. et c. Doullens, sur les confins de l’Artois) le 9 novembre (JJ84, p. 445), à Aire et à Saint-Omer en novembre (JJ84, p. 371, 233, 330, 365). On voit par ces étapes que, du 2 au 11 novembre, le roi Jean, loin de se retirer devant les Anglais en s’enfuyant de Saint-Omer à Amiens, ne cessa au contraire de s’avancer à leur rencontre.

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