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Chroniques de J. Froissart, tome 04/13

Note 178 — SOMMAIRE

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Raoul de Brienne, comte d’Eu et de Guines, connétable de France, fait prisonnier à la prise de Caen par les Anglais le 26 juillet 1346, était encore en Angleterre le 20 octobre 1350, jour où Édouard octroya des lettres de sauvegarde à quinze personnes envoyées en France pour rassembler l’argent destiné à la rançon du connétable (Rymer, vol. III, p. 206). Le 8 novembre 1350, Raoul d’Eu était encore dans les bonnes grâces du roi Jean qui ordonna, par un mandement en date de ce jour, d’exproprier Jean Morier, changeur, qui avait pris la fuite, emportant quatre cents deniers d’or à l’écu qui appartenaient à son très cher et féal cousin le connétable de France du fait de sa charge (JJ80, p. 312). Il dut être exécuté le 18 novembre au matin, car il est déjà mentionné comme défunt dans un acte de ce jour par lequel le roi Jean donne à Gautier duc d’Athènes, marié à Jeanne d’Eu, sœur du connétable, l’hôtel que Raoul d’Eu possédait à Paris dans le quartier Saint-Paul (JJ80, p. 168). Sauf le château et la châtellenie de Beaurain concédés le 23 décembre 1350 à Robert de Lorris (JJ81, p. 220), le comté d’Eu donné en février 1351 à Jean d’Artois (JJ81, p. 282) et la reprise en mars 1351 (JJ80, p. 348) par Catherine de Savoie, fille de feu Louis de Savoie et veuve de Raoul d’Eu, d’un apport dotal de quatre mille florins d’or assis sur la terre de Sauchay (Seine-Inférieure, arr. Dieppe, c. Envermeu), le reste de la succession de Raoul passa, en vertu de donations faites par le roi Jean en février (JJ80, p. 368) le 16 mars (JJ80, p. 659) et le 26 septembre 1351 (JJ80, p. 464), à Gautier de Brienne-Châtillon, duc d’Athènes, comte de Braisne, beau-frère, et à Jeanne d’Eu, duchesse d’Athènes, sœur de l’infortuné connétable. Villani dit (l. II, c. 50) que le roi Jean fit mettre à mort Raoul d’Eu parce que, n’ayant pu se procurer l’énorme somme exigée pour sa rançon, le comte de Guines promit de livrer au roi d’Angleterre en échange de sa liberté le comté et la forteresse de Guines. Ce qui rend la version du chroniqueur florentin très-vraisemblable, c’est que Jean confisqua au profit de la couronne et ne donna à personne le comté de Guines.

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