Note 160 — SOMMAIRE
Reading edition
D’après Robert d’Avesbury, ce combat se livra près de Saintes, le 8 avril 1351, et trois cents chevaliers français y furent faits prisonniers (Hist. Ed. III, p. 186 et 187). D’après les Grandes Chroniques de France (v. p. 401 de ce volume), cette affaire eut lieu le 1er avril 1351; et Gui de Nesle, maréchal de France, Guillaume son frère, Arnoul d’Audrehem tombèrent au pouvoir des Anglais. Ce qui est certain, c’est que le combat de Saintes eut lieu avant le mois de juin 1351, puisque Gui de Nesle avait déjà recouvré sa liberté, sous caution ou autrement, à cette date, comme on le voit par des lettres du roi Jean données à Paris en juin 1351, presente Guidone de Nigella marescallo Francie (JJ80, p. 552). On lit dans d’autres lettres datées du Val Coquatrix le 15 juillet 1351 que le roi Jean donne à Gui de Beaumont, pour l’aider à payer sa rançon, trente huit arpents de bois dans la forêt de Halate «cum prædictus miles nuper cum dilecto et fideli milite et marescallo nostro Guidone de Nigella, cujus dictus Guido de Bellomonte marescallus erat, in nostro servicio in partibus Xantonensibus per regni nostri inimicos captus fuerit et adhuc eorum prisonarius existat» (JJ80, p. 719). D’un autre côté, ce combat se livra, comme le dit Robert d’Avesbury, près de Saintes, car nous lisons dans des lettres de rémission accordées par Gui de Nesle le 24 septembre 1351 à Renoul de Saint-Pardoulf, écuyer, que le dit Renoul avait été pris darrainement en la bataille de Sainctes (JJ81, p. 62). Sismondi, M. H. Martin et tous les historiens contemporains se trompent donc à la suite de Froissart en plaçant l’affaire de Saintes à l’époque où le roi Jean vint en Poitou et en Saintonge pour renforcer le siége de Saint-Jean-d’Angély, c’est-à-dire au mois d’août 1351. V. Sismondi, t. X, p. 392 et 393, et M. H. Martin, éd. de 1839, t. V, p. 450.