Note 107 — SOMMAIRE
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D’après la lettre d’Édouard III déjà citée, ce défi ne fut porté que le mardi 31 juillet, après trois jours de négociations infructueuses. «Et puis le marsdi vers le vespre, viendrent certayns graunts et chivalers de part nostre adversarie, à la place du treté, et offrirent à nos gentz la bataille de part nostre adversarie susdit par ensy que noz vousissoms venir hors le marreis, et il nous durroit place convenable pur combatre, quele heure qe nous pleroit, entre cele heure et vendredy à soir proschein suaunt (3 août); et vorroient que quatre chivalers de noz et aultre quatre de lor esleirent place covenable pur l’une partie et pur l’autre.» Le roi d’Angleterre prétend qu’il fit répondre dès le lendemain mercredi 1er août à Philippe de Valois qu’il acceptait son défi; Jean le Bel (t. II, p. 130 et 131) et Froissart rapportent le contraire. Il y a lieu de croire, comme l’ont pensé Bréquigny (Mémoires de l’Académie des inscriptions, t. L, p. 611 à 614) et Dacier (p. 346 de son édition de Froissart, note 1) qu’Édouard III dut accepter en principe le défi du roi de France: le point d’honneur chevaleresque exigeait impérieusement cette acceptation qui au fond n’engageait à rien le roi anglais, puisqu’il lui restait mille moyens d’éluder ou de différer le combat, quand on en viendrait à la mise en pratique, à l’exécution. Il semble, à vrai dire, que le défi n’avait guère été porté plus sérieusement par Philippe qu’il ne fut accepté par Édouard; et le roi de France ne proposa sans doute la bataille à son adversaire que pour dérober sa retraite ou du moins se ménager une explication honorable.