Note 15 — PREMIÈRE PARTIE CE QUE JE SAIS OU J’AI VU DE SA VIE (continued 2)
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«Il est, dit M. Sérusier, le peintre pur. Son style est un style de peintre, sa poésie est de la poésie de peintre. L’utilité, le concept même de l’objet représenté disparaissent devant le charme de la forme colorée. D’une pomme d’un peintre vulgaire, on dit: J’en mangerais. D’une pomme de Cézanne on dit: C’est beau. On n’oserait pas la peler, on voudrait la copier. Voilà ce qui constitue le spiritualisme de Cézanne. Je ne dis pas, et avec intention, idéalisme, parce que la pomme idéale serait celle qui flatte les muqueuses et la pomme de Cézanne parle à l’esprit par le chemin des yeux... Une chose est à remarquer, c’est l’absence de sujet. Dans sa première manière, le sujet était quelconque, parfois puéril. Après son évolution, le sujet disparaît, il n’y a qu’un motif.» (Cité par M. Maurice Denis, Théories, p. 244.)