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Henri III crut habile de répondre à cet acte d'accusation. Il s'étendit longuement sur le chapitre de la religion. Qui avait montré plus de zèle que lui pour les intérêts de l'Église? N'avait-il pas dès sa première jeunesse porté les armes pour elle? On lui reprochait de laisser les huguenots en paix. A qui la faute? Les États généraux de 1576 ne lui avaient-ils pas refusé les moyens de pousser la guerre à fond? D'ailleurs la paix à laquelle la mauvaise volonté des trois ordres l'avait réduit n'avait pas été sans avantages pour la religion. Le culte catholique avait été rétabli dans nombre d'endroits où les bandes protestantes l'avaient supprimé. La tranquillité avait repeuplé les campagnes. Il avait donné tous ses soins à conférer les bénéfices à des ecclésiastiques dignes de les occuper. On se préoccupait déjà du choix de son successeur. C'était «se deffier par trop de la grace et bonté de Dieu, de la santé et vie de sadite Majesté et de la fécondité de ladite dame Royne sa femme1270 que de mouvoir à présent telle question et mesme en poursuivre la décision par la voie des armes». La guerre aux protestants, loin de prévenir un mal incertain, ne ferait que remplir le royaume «de forces estrangères, de partialitez et discordes immortelles, de sang, de meurtres et brigandages infinis». «Et voilà, s'écriait le Roi, comment la Religion Catholique y sera restablie, que l'Écclésiastique sera deschargé de decimes, que le Gentil-homme vivra en repos et seureté en sa maison et jouira de ses droicts et prérogatives, que les Citoyens et habitans des villes seront exempts de garnisons et que le pauvre peuple sera soulagé des daces et impositions qu'il supporte.» Il revendiquait le droit de distribuer comme il lui convenait les charges et les honneurs. Depuis quand les Rois ont-ils été «astraincts à se servir des uns plustost que des autres: car il n'y a loy qui les oblige à ce faire que celle du bien de leur service». Mais, toutefois, il avait toujours grandement honoré et chéri les princes de son sang, et tels que l'on dit être «autheurs de telles plainctes ont plustost occasion de se louer de la bonté et amitié de sadicte Majesté que de s'en douloir et départir».