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Catherine de Médicis (1519-1589)

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Aussitôt après le meurtre, il descendit chez sa mère, dont l'appartement était situé au-dessous du sien. Un homme était là, le médecin de la Reine, Cavriana,--agent secret du grand-duc de Toscane--qui le lendemain écrivit au secrétaire d'État à Florence ce qu'il avait vu et entendu. Le Roi entra et lui demanda comment allait sa mère. Il répondit: Bien, et qu'elle avait pris un peu de médecine. Henri s'approcha du lit et dit à Catherine de l'air le plus assuré et le plus ferme du monde: «Bonjour, Madame. Excusez-moi. M. de Guise est mort: il ne se parlera plus de lui. Je l'ai fait tuer, l'ayant prévenu en ce qu'il avait le dessein de me faire.» Et alors il rappela les injures que depuis le 13 mai, jour de sa fuite de Paris, il avait pardonnées pour ne pas se salir les mains du sang de ce rebelle, mais, sachant et expérimentant à toute heure qu'il sapait ou minait (ce furent ses propres paroles) son pouvoir, sa vie et son État, il s'était résolu à cette entreprise. Il avait longtemps hésité; enfin Dieu l'avait inspiré et aidé, et il allait de ce pas lui rendre grâces à l'église, à l'office de la messe. Il ne voulait pas de mal aux parents du mort, comme les ducs de Lorraine, de Nemours, d'Elbœuf et Mme de Nemours, qu'il savait lui être fidèles et affectionnés. «Mais je veux être le roi et non plus captif et esclave comme je l'ai été depuis le 13 mai jusqu'à cette heure, à laquelle je commence de nouveau à être le roi et le maître». Il avait fait arrêter le cardinal de Bourbon et lui avait donné des gardes pour s'assurer de lui. Ainsi avait-il fait du cardinal de Guise et de l'archevêque de Lyon. Après cette déclaration, il s'en retourna avec la même contenance ferme et tranquille1400. Cavriana, qui était tout près, ne laisse pas entendre que Catherine ait répondu. Qu'aurait-elle pu dire à cet homme rasséréné et ragaillardi, comme le remarque l'Italien, par le plaisir de la vengeance? La moindre réserve l'aurait blessé. Cavriana ajoute que la Reine-mère «est souffrante» et qu'elle sort «d'une terrible bourrasque de mal» dont elle a failli mourir «et je crains, conclut-il, que le départ de Madame la princesse de Lorraine (pour la Toscane) et ce spectacle funèbre du duc de Guise n'empirent son état»1401.

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