Note (retour) — Front matter (continued 3)
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Cette réponse, pourtant si évasive, ne la découragea pas. Elle «retourna au Louvre en esperance que les choses s'apaiseroient»1374. Mais, pendant ces allées et venues, le peuple, irrité par la présence des soldats, s'échauffait peu à peu et inaugurait l'arme des révolutions, les barricades. Gardes françaises et Suisses furent cernés entre des retranchements improvisés et Henri III, pour les sauver, fut obligé de solliciter l'intervention de Guise. Mais les ligueurs les plus ardents parlaient d'aller prendre ce «bougre» de roi en son Louvre. Le vendredi matin, quand la Reine-mère sortit, selon son habitude, pour aller entendre la messe à la Sainte-Chapelle, elle trouva les rues barrées et fut forcée de passer «à beau pied» par les défilés qu'elle se faisait ouvrir dans les remparts de pavés et de tonneaux, et qu'on refermait derrière elle. «Elle monstroit un visage riant et asseuré sans s'estonner de rien»1375. Mais quand, à travers les mêmes obstacles, elle fut revenue à son hôtel, «tout le long de son disner elle ne fit que pleurer»1376. Elle ne désespérait pas encore de conclure un accord. L'après-midi, dans un Conseil au Louvre, elle soutint seule que le Roi ne devait pas quitter Paris. «Hier, dit-elle, je ne cogneus point aux paroles de M. de Guyse qu'il eust d'autre envie que de se ranger à la raison: j'y retourneray présentement le veoir et m'asseure que je luy feray appaiser ce trouble»1377. Mais elle le trouva «froid» à calmer la passion du peuple, disant que «ce sont des taureaux échauffés qu'il est malaisé de retenir» et qu'aller au Louvre, comme elle le lui demandait, «se jetter foible et en pourpoint à la mercy de ses ennemis, ce seroit une grande faiblesse d'esprit»1378. Alors elle dit à l'oreille au secrétaire d'État Pinart, qui l'avait accompagnée, d'engager le Roi à quitter Paris. Il en était déjà sorti secrètement, laissant pleins pouvoirs à sa mère.