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Mais elle ne s'abandonna pas longtemps. Elle séduisit ou acheta le marquis de Canillac, son geôlier1345. Le duc de Guise ne l'oubliait pas. Dès le 18 février 1587, la Reine-mère savait par une lettre du Roi que Canillac négociait avec les ligueurs. Elle refusait de croire à cette «infidellité», de la part d'un serviteur jusque-là si zélé. «Monsieur mon filz,... ce me seroit une telle augmentation d'affliction que je ne sçay comment je la pourrois supporter»1346. Mais deux jours après elle apprenait, sans y ajouter encore foi, que dans une réunion à Lyon, où se trouvaient quelques-uns des plus notables personnages de la Ligue, M. de Lyon (Pierre d'Épinac, archevêque de Lyon), le gouverneur Mandelot et le comte de Randan, gouverneur d'Auvergne, Canillac avait promis de mettre «la Reyne de Navarre en lyberté et en lyeu seur»1347. En effet Canillac s'entendit avec Marguerite et lui livra le château, d'où il avait fait sortir ou laissé expulser les Suisses qui le gardaient. Elle vécut là dénuée de ressources, reniée par les siens, mais toutefois à l'abri des tempêtes politiques et des catastrophes et se consolant de ses disgrâces par l'étude, la rédaction de ses Mémoires et d'autres plaisirs moins innocents1348. Henri III avait trop d'affaires pour penser à reprendre Usson.