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Catherine de Médicis (1519-1589)

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Puis, à bout de ressources, elle partit sans chevaux et sans armes et «portée», dit Catherine, par «quelque aysprit (bon ou mauvais génie)»1336, elle franchit les âpres montagnes du Cantal pour gagner Ibois, dont elle n'avait pas voulu un an auparavant. Mais l'humeur de la Reine-mère n'était plus la même, à supposer même que son offre d'antan ne fût pas un piège. Elle était scandalisée de la liaison publique de sa fille avec un tout petit gentilhomme, d'Aubiac, et avait résolu d'y mettre ordre à la façon du temps. Aussitôt qu'elle sut l'arrivée de Marguerite à Ibois, elle pressa le Roi avec une ardeur cruelle de la faire arrêter sans perdre une heure, «aultrement et (elle) nous fayra encore quelqu'aultre honte». «Tenés-i la mayn, écrit-elle à Villeroy, qu'yl (Henri III) euse de delygense (use de diligence)» et que, lui, Villeroy fasse ce qui sera nécessaire «pour à set coup, nous haulter (ôter) de se torment ynsuportable»1337. Mais Henri III n'avait pas besoin d'être excité. Avant même d'avoir reçu la lettre de sa mère, il avait ordonné à Canillac, gouverneur de la Haute-Auvergne, de se saisir de sa sœur et de l'enfermer dans le château d'Usson, haut perché sur un roc et ceint d'un triple rang de remparts1338. Sa lettre au Conseil des finances pour demander l'argent nécessaire à la garde de la prisonnière respire la haine, comme aussi cet ordre à Villeroy: «Je ne la veuz apeller dans les [lettres] patentes que seur (sœur) sans chere et bien aimée; ostez cella»1339. Il ajoutait: «La Reyne m'enjoint de faire pandre Obyac et que ce soit an la présence de seste misérable en la court du chateau d'Usson»1340.

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