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La Reine-mère s'était d'abord apitoyée sur le sort de sa fille, qui vivait à Agen «fort desnuée de moyens», et elle avait prié Villeroy de la faire secourir de quelque argent, «car à ce que j'entendz elle est en très grande nécessité, n'ayant pas moien d'avoir de la viande pour elle»1333. Mais ses bonnes dispositions ne durèrent pas. Henri III, qui ne pardonnait pas à la Ligue de vouloir le mettre en tutelle, avait de nouvelles raisons de détester sa sœur, qui s'y était affiliée. Il tenait la preuve authentique, bien qu'elle niât effrontément, qu'elle avait demandé asile au duc de Lorraine, cet allié honteux du parti catholique, en intention peut-être de se rapprocher du duc de Guise et des principaux chefs ligueurs. Catherine en fut malade de chagrin. En ces nouveaux troubles, écrit-elle à Villeroy, elle recevait de sa fille «tant d'ennuyz» qu'elle en avait «cuidé (pensé) mourir»1334. Dans une lettre à Bellièvre du 15 juin, elle parlait de cette «createure» que Dieu lui avait laissée «pour la punytyon» de ses péchés, «mon flo (fléau), disait-elle, en cet (ce) monde»1335.