Note 15 — AVERTISSEMENT
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Rapprochons l’histoire d’aujourd’hui de l’histoire d’hier. M. Henri Vaugeois déclarait le 14 février 1906, au nom de la Ligue d’Action française dont il est président : « L’anticléricalisme, qui se dit français, usurpe ce nom. Il est antifrançais comme il est anarchiste. Le gouvernement de la France gouverne contre la nation… Une feuille gouvernementale a mis ces preuves en images sensibles aux regards du public le plus aveuglé. Le Matin d’hier, 13 février, a donné en première page un instantané photographique représentant les délégués allemands à Algésiras, MM. de Radowitz et de Tattenbach « lisant le récit des tumultueux incidents de Sainte-Clotilde » dans le Matin du 2 février. Il faut voir rayonner le visage des deux ministres allemands. Le profil de M. de Radowitz témoigne d’une intense et profonde satisfaction, goûtée avec lenteur, savourée avec force, comme à la nouvelle d’une grande victoire calculée et prévue, mais enfin qu’on avait attendue jusque-là ! Quant à M. de Tattenbach, sa béatitude intérieure s’épanouit très franchement en un large sourire. Les Français se divisent ! La France se déchire ! Les meilleurs Français, catholiques, conservateurs, en sont réduits par la volonté de leur loi intérieure, par l’arbitraire d’une loi extérieure, à lutter contre cette autre élite française, la milice de l’ordre, la servante de la patrie, l’armée française, leur armée ! Oui, la joie a dû être grande en Allemagne et dans tous les cœurs allemands. Tout comme au congrès de Berlin, la République de Bismarck tient ses promesses à la conférence d’Algésiras. La Ligue d’Action française constate une fois de plus cette stricte fidélité du régime à ses origines et à ses doctrines symbolisées dans le magnifique instantané du Matin. » (Sixième Déclaration de la Ligue d’Action française.)