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Bibliomania; or Book-Madness

Note 97 — The Cabinet.

Reading edition

Lysander had probably the following passage more particularly in recollection; which, it must be confessed, bears sufficiently hard upon fanciful and ostentatious collectors of books. "[Il y a] deux sortes de connoissance des livres: l'une qui se renferme presque uniquement dans les dehors et la forme du livre, pour apprécier, d'après sa date, d'après la caractère de l'impression, d'après certaines notes, quelquefois seulement d'après une erreur typographique, les qualités qui le font ranger dans la classe des livres rares où curieux, et qui fixent sa valeur pecuniaire: l'autre genre de connoissance consiste à savoir quels sont les livres les plus propres à instruire, ceux où les sujets sont le plus clairement présentés et le plus profondement discutés; les ouvrages à l'aide desquels il est possible de saisir l'origine de la science, de la suivre dans ses développemens, d'atteindre le point actuel de la perfection. Sans doute il seroit avantageux que ces deux genres de connoisances fussent toujours réunis: l'expérience montre qu'ils le sont rairement; l'expérience montre encore que le premier des deux genres a été plus cultivé que le second. Nous possédons, sur l'indication des livres curieux et rares, sur les antiquités et les bijoux litteraires, si l'on me permet d'employer cette expression, des instructions meilleures que nous n'en avons sur les livres propres à instruire foncièrement des sciences. En recherchant la cause de cette difference, on la trouvera peut-être dans la passion que des hommes riches et vains ont montrée pour posséder des livres sans être en état de les lire. Il a fallu créer pour eux une sorte de bibliotheque composée d'objets qui, sous la forme exterieure de livres, ne fussent réellement que des raretés, des objets de curiosité, qu'on ne lit pas, mais que tantôt on regarde avec complaisance, tantôt en montre avec ostentation; et comme après cela c'est presque toujours le goût des personnes en état de récompenser qui dirige le but des travailleurs, on ne doit pas être surpris qu'on se soit plus occupé d'indiquer aux hommes riches dont je parle, des raretés à acquérir, ou de vanter celles qu'ils avoient rassemblées, que de faciliter, par des indications utiles, les travaux des hommes studieux dont on n'attendoit aucune récompense." Memoires de l'Institut, vol. i. 664. See also the similar remarks of Jardé, in the "Précis sur les Bibliotheques," prefixed to Fournier's Dict. portatif de Bibliographie, edit. 1809.

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