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Dans l'ordre de l'administration, les chrétiens rendirent aux Musulmans d'éminents services; et sans eux l'empire des khalifes n'aurait pas pu s'organiser. Les conquérants mahométans, ne trouvant dans leur propre race que les souvenirs et les exemples de la vie de clan, n'avaient aucune connaissance des pratiques administratives. Ils furent contraints de donner beaucoup de place à des chrétiens. Moâwiah, qui était moins ferme croyant que rusé politique, laissa, dans la plupart des provinces qu'il conquit, les employés chrétiens en place et se contenta de changer les garnisons. Il fut imité par ses successeurs Omeyades. Nous voyons un certain Athanase, notable chrétien d'Édesse, être en grande faveur auprès d'Abd el-Mélik fils de Merwân, à cause de ses capacités d'homme d'affaires 42. Wélîd fils d'Abd el-Mélik dut défendre aux scribes, dont beaucoup étaient chrétiens, de tenir leurs registres en grec, et il leur enjoignit de les tenir en arabe 43. Un chrétien qui occupa des emplois très élevés auprès des Musulmans fut Sergius Mansour ou Serdjoun le Roumi, dont Maçoudi nous apprend qu'il servit de secrétaire à quatre khalifes 44. Ce Sergius eut pour fils un homme qui le dépassa en renommée, qui devint l'un des derniers Pères grecs et l'un des premiers scolastiques: saint Jean Damascène.