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Avicenne

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Le royaume de Hîra était un important royaume arabe dont les princes étaient vassaux des rois de Perse. Hîra était situé au sud de Babylone et à l'ouest de l'Euphrate, non loin de l'emplacement où, dans les premières années de l'hégire, les Musulmans fondèrent Koufah. Des Arabes étaient venus de bonne heure s'établir dans ces régions. Le royaume de Hîra eut, avant l'islam, une assez longue histoire, dans laquelle l'élément chrétien joue un rôle important 28. Un roi de Hîra, nommé Amr fils de Moundir, qui régna jusqu'en 568 ou 569, avait une mère chrétienne, probablement une captive prise à la guerre, qui fonda un couvent à Hîra sous le règne de Khosroës Anochirwan. On peut inférer d'une inscription qui fut placée dans cette église que ce prince aussi se fit chrétien 29. Peu après ce temps-là on comptait un petit nombre de familles chrétiennes de haut rang dans la ville. Elles appartenaient à la secte de Nestorius, et elles prenaient le nom d'Ibadites signifiant serviteurs de Dieu 30, pour se distinguer des païens. Un interprète du nom de Adi l'Ibadite, de la tribu arabe de Témîm, se fit alors particulièrement remarquer 31. Cet Adi accomplit le métier d'interprète auprès de Kesra Eperwiz pour qui il traduisait l'arabe en persan. Il était en outre poète, orateur, diplomate, un modèle achevé de la culture, tant physique que morale, des Perses et des Arabes. Il devait aussi savoir le syriaque qui était alors la langue des Arabes chrétiens. Adi fut chargé de l'éducation de Noman fils de Moundir, que, grâce à l'influence dont il jouissait auprès du roi de Perse, il fit monter sur le trône de Hîra. Il est probable que, en raison de cette même influence, Noman fit accession au christianisme; il n'en continua pas moins à vivre dans la polygamie, selon les mœurs païennes, et il se laissa induire en de longues intrigues au terme desquelles il mit à mort son éducateur Adi. Le fils de ce dernier, qui avait hérité de l'intelligence de son père et de son crédit auprès des rois de Perse, décida Eperwiz à tirer vengeance de ce meurtre 32. Noman vaincu fut mis à mort, apparemment en 602.

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