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Au Pays des Moines (Noli me Tangere)

Note 9 — XLVI La gallera

Henri Lucas translation

Les soltadores tiennent les deux coqs avec une magistrale délicatesse, prenant garde de ne pas se blesser. Un silence solennel règne; on croirait que les assistants ne sont que d’horribles figures de cire. On approche les deux coqs l’un de l’autre, maintenant la tête du blanc pour qu’il soit piqué et s’excite, puis on recommence en faisant de même pour le rouge; dans tout duel les chances doivent être égales, qu’il se livre entre deux élégants de Paris ou entre deux coqs philippins9. Après les avoir placés face à face, on les rapproche encore l’un de l’autre afin que les pauvres volatiles sachent qui leur a arraché une petite plume et contre qui ils doivent lutter. Le plumage de leur cou se hérisse, ils se regardent fixement, des éclairs de colère s’échappent de leurs petits yeux ronds. Le moment est venu: on les dépose à terre à une certaine distance et le champ leur est laissé libre.

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