Note 2 — XXVII A la brume
Henri Lucas translation
—C’est le lépreux, répondit Iday. Il y a quatre ans qu’il a contracté cette maladie: en soignant sa mère, d’après les uns, pour avoir été enfermé dans une prison humide, suivant les autres. Il habite hors du pueblo, près du cimetière chinois, et ne communique avec personne; tous le fuient par crainte de la contagion. Si tu voyais sa cabane! C’est la cabane de Giring-giring2, le vent, la pluie, le soleil y entrent comme l’aiguille dans la toile et en sortent de même. On lui a défendu de rien toucher qui appartînt à quelqu’un. Un jour un enfant tomba dans le canal, le canal n’était pas profond, mais lui, qui passait tout près, aida le pauvre petit à sortir de l’eau. Le père le sut et se plaignit au gobernadorcillo; celui-ci fit donner au malheureux six coups de bâton au milieu de la rue et l’on brûla le bâton ensuite. C’était atroce! le lépreux s’enfuyait en criant, l’exécuteur le poursuivait et le gobernadorcillo lui criait: Apprends qu’il vaut mieux être noyé que malade comme toi!