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Au Pays des Moines (Noli me Tangere)

Note 1 — XXVI La veille de la fête

Henri Lucas translation

Au milieu se dresse un grand piña artificiel, très bien imité, dans lequel sont enfoncés des cure-dents de bois artistiquement découpés par les forçats dans leurs heures de loisir. En voici un qui représente un éventail, cet autre un bouquet de fleurs, celui-ci un oiseau, celui-là une rose, d’autres des palmes, des chaînes, le tout taillé dans un seul morceau de bois: l’artiste est un galérien, l’instrument un mauvais couteau, l’inspiration la voix rauque du garde-chiourme. A côté de ce piña que l’on appelle palillera1 des coupes de cristal supportent des pyramides de fruits, oranges, lanzones, ates, chicos, même mangas2, bien que l’on soit en novembre. Puis, dans de larges plateaux, sur des papiers brodés et peints des plus riches couleurs, des jambons d’Europe, de Chine, un pâté représentant l’Agnus Dei ou la colombe de l’Esprit-Saint, des dindons farcis, etc. Enfin, dispersées sur la table les appétissantes bouteilles d’acharas3 recouvertes de capricieux dessins, faits de fleurs de bonga, de légumes et de fruits artistiquement coupés et collés avec de la confiture sur les parois des carafons.

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