Note 5 — XX L’assemblée au tribunal1
Henri Lucas translation
—Quel profit tirerons-nous d’une semaine de comédie, comme le demande le lieutenant? Que nous apprendront ces rois de Bohême ou de Grenade qui commandent de couper la tête à leurs filles ou les font mettre en guise de boulet dans un canon lequel, à leur grande surprise, se convertit en trône? Nous ne sommes ni des rois, ni des barbares, nous n’avons pas de canons et, si nous imitions tous ces gens-là, on nous ferait pendre à Bagumbayan. Qu’est-ce que ces princesses qui prennent part aux combats et frappent de taille et d’estoc, font la guerre comme des princes et chevauchent seules par monts et vallées, comme séduites par le Tikbâlang5? Nous avons pour habitude d’aimer dans une femme la douceur et la tendresse et nous ne pourrions unir sans crainte notre main à la main tachée de sang de quelque damoiselle, ce sang fût-il celui d’un More ou d’un Géant; de même nous méprisons et tenons pour vil l’homme qui lève la main sur une femme, que ce soit un prince, un alférez ou même un rude paysan. Ne vaudrait-il pas mieux mille fois que nous fissions la peinture de nos propres mœurs, pour corriger nos vices et nos défauts et faire l’éloge des qualités que nous nous reconnaissons?