Note 20 — UNE IMPÉRATRICE DE LA SOLITUDE
Reading edition
(page 234). Le Régime de l’Impératrice.—Que l’on m’accuse de mauvais goût! Mais à titre d’indication sur la physiologie de cette personne singulière qui nous enlève si haut, loin de terre, et pour reprendre pied, je demande à transcrire ici le régime, «régime de jockey anglais», qu’elle suivait: «Lever à cinq heures, bain d’eau distillée (massage suédois, bain de vapeur parfois), une heure de marche dehors, s’il fait beau; en cas de pluie, sous une galerie ou le long d’un corridor. Vers six heures, une tasse de thé et un seul biscuit, puis deux heures pour la toilette (pour la coiffure surtout). A dix heures, déjeuner composé d’une tasse de bouillon, d’un œuf, de quelques mets faciles à digérer, puis la grande promenade de quatre ou cinq heures, et tous les sports imaginables. (En escrime, en natation, en équitation surtout, elle était de première force. Elle préférait à tout les ascensions.) Était-elle seule? on ne servait jamais le dîner du soir; si elle avait des hôtes, elle se bornait à le présider sans y toucher, se contentant de lait glacé, d’œufs crus et de Porto.» Et en dépit de cette discipline, des insomnies. On le voit bien par cette belle scène du lever du soleil sur les terrasses de l’Achilleion. «Je suis toujours ici avant le lever du soleil.»