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Amori et dolori sacrum

Note 15 — UNE IMPÉRATRICE DE LA SOLITUDE

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(page 164). Le goût des arts se trouve chez les Wittelsbach dès leur origine. Quelques-uns même l’exagérèrent. «Ainsi, au XVIIe siècle, ce Ferdinand dont la femme, Adélaïde de Savoie, écrivait des comédies françaises, tandis que lui se retirait dans la plus grande solitude, en son château de Schleissheim, bâti sur le modèle de Versailles, pour y peindre, psaller, composer et tourner l’ivoire. N’était-ce pas un original aussi ce Charles-Albert qui, le jour où on le couronna empereur, écrivit au comte Tœrring qu’il était plus malheureux que Job? On reconnaît quelques traits du caractère de Louis II dans Charles-Théodore, de la branche palatine, qui, à Mannheim, voulut égaler les rois de France par le luxe et l’éclat de sa cour. Il rassembla les plus célèbres littérateurs et acteurs de l’Allemagne et fit jouer les premiers drames de Schiller, mais il ruinait son Palatinat. Le duc de Bavière étant mort sans enfants, ce Charles-Théodore dut quitter son cher Mannheim et venir à Munich. Le gouvernement de ce dilettante fut déplorable. Ennuyé, lassé, il songea à se mettre sous la protection de l’Autriche pour être délivré du fardeau des affaires. Il demeura pourtant souverain malgré lui, par la volonté énergique de Frédéric le Grand, qui intervint, et il se consola en faisant de l’Opéra de Munich un des meilleurs de l’Europe, au dire de Stendhal.

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