Note 2 — LA MORT DE VENISE
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(page 56). «En Italie, pour un jeune homme isolé et romantique, c’est Venise qui chante le grand air. A demi dressée hors de l’eau, la sirène attire la double cohorte de ceux qu’a touchés la maladie du siècle: les déprimés et les malades par excès de volonté. Byron, Mickiewicz, Chateaubriand, Sand, Musset ajoutent à ses pierres magiques de supérieures beautés imaginaires... Un jour de l’hiver 1887, comme Sturel parcourait la triste plage du Lido, il arrêta son regard intérieur sur les personnages fameux qui promenèrent ici leur répugnance pour les existences normales. Quand nous honorons un lieu tel que les grands hommes le connurent et que nous pouvons nous représenter les conditions de leur séjour, ces réalités, qui, pour un instant, nous sont communes avec eux, nous forment une pente pour gagner leurs sommets; notre âme sans se guinder approche de hauts modèles qu’elle croyait inaccessibles, et, par un contact familier de quelques heures, en tire un durable profit...