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Aline et Valcour, ou Le Roman Philosophique. Tome 2

Note 14 — D.A.F. DE SADE (continued 2)

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«Rien de plus aisé à concevoir, dit Fontenelle, (le plus délicat de nos poëtes, pourtant,) qu'on puisse être heureux en amour, par une personne que l'on ne rend point heureuse; il y a des plaisirs solitaires, qui n'ont nul besoin de se communiquer, et dont on jouit très-délicieusement, quoi qu'on ne les donne pas; ce n'est qu'un pur effet de l'amour-propre ou de la vanité, que le désir de faire le bonheur des autres; c'est une fierté insupportable, de ne consentir â être heureux, qu'à condition de rendre la pareille.... Un sultan, dans son sérail, n'est-il pas mille fois plus modeste; il reçoit des plaisirs sans nombre, et ne se pique d'en rendre aucun.... Que l'on étudie bien le coeur de l'homme, on y trouvera que cette délicatesse tant estimée, n'est qu'une dette que l'on paye à l'orgueil; on ne veut rien devoir». Dialogue des morts, Soliman et Juliette de Gonzagues, page 183 et suiv. Ce sentiment se trouve dans Montesquieu, dans Helvétius, dans la Mettrie, & c. et sera toujours celui des vrais philosophes.

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