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Abrégé de l'Histoire Générale des Voyages (Tome 4)

Note 16 — CHAPITRE X.

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Les mêmes qualités de l'air, qui favorisent la multiplication des animaux venimeux dans les îles, y font croître quantité d'herbes, de fleurs et de racines de la même qualité. Quelques-unes portent un venin si subtil, que non-seulement elles font mourir ceux qui ont le malheur d'y toucher, mais qu'elles infectent l'air aux environs, jusqu'à répandre une contagion mortelle lorsqu'elles sont en fleur. D'un autre côté, on trouve dans les mêmes lieux d'excellens contre-poisons. Le camandag[16] est un arbre si vénéneux, que ses feuilles mêmes sont mortelles: la liqueur qui distille de son tronc sert aux insulaires pour empoisonner la pointe de leurs flèches. L'ombre seule de l'arbre fait périr l'herbe aux environs; s'il est transplanté, il détruit tous les arbres voisins, à l'exception d'un arbrisseau qui est son contre-poison, et qui l'accompagne toujours. Ceux qui voyagent dans les lieux déserts portent dans la bouche un petit morceau de bois ou une feuille de cet arbrisseau pour se garantir de la pernicieuse vertu du camandag.

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