Note (Retour au texte.) — CHAPITRE PREMIER.
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Emmanuel, résolu de faire un dernier effort pour s'ouvrir la route des Indes, jeta les yeux sur Vasco de Gama, gentilhomme de sa maison. Il fit présent au nouvel amiral du pavillon qu'il devait arborer, sur lequel était la croix de l'ordre militaire du Christ; et c'est sur cette croix que Gama fit serment de fidélité. Il reçut du roi des lettres pour divers princes de l'Orient, entre autres pour le samorin de Calicut; et, partant de Bélem, il mit à la voile, le 8 juillet 1497, avec trois vaisseaux et cent soixante hommes. Les moindres détails acquièrent un degré d'intérêt dans un voyage devenu si célèbre, et l'une des grandes époques de la navigation. Les trois vaisseaux se nommaient le Saint-Gabriel, le Saint-Raphaël et le Berrio. Les deux capitaines qui accompagnaient l'amiral étaient Paul de Gama son frère, et Nicolas Nugnez. Son pilote, Pedro de Alanguez, avait fait la route avec Diaz. Ils étaient suivis d'une grande barque chargée de provisions, commandée par Gonzale Nugnez, et d'une caravelle qui allait à la Mina sous le commandement de Barthélemy Diaz. Une tempête les sépara de l'amiral à la vue des Canaries. Ils se rejoignirent huit jours après au cap Vert. Le lendemain ils jetèrent l'ancre à San-Iago, l'une des îles du cap, et prirent quelques jours pour radouber leurs vaisseaux. Diaz reprit la route du Portugal, et la flotte reprit la sienne. On souffrit beaucoup de mauvais temps, jusqu'à perdre souvent toute espérance. Le 4 novembre, Gama découvrit une terre basse qu'il côtoya pendant trois jours. Le 7, il entra dans une grande baie qu'il nomma Angra de Santa-Helena. Il ne put tirer aucune lumière des habitans de la côte sur la distance où l'on pouvait être du cap de Bonne-Espérance. Il fut même attaqué par les Nègres, et eut quelques soldats blessés. Il remit à la voile le 16, et le 18 au soir il découvrit le cap; mais le vent, venant du sud-est, était absolument contraire. Il devint un peu plus favorable pendant la nuit. On continua de faire voile jusqu'au 20, et dans cet intervalle on doubla le cap. Les Portugais découvrirent au long de la côte une grande abondance de bestiaux, et dans l'éloignement des habitations qui leur parurent couvertes de paille; mais ils n'en virent aucune sur le rivage. Le pays leur parut beau, couvert d'arbres, et entrecoupé de rivières. Le 24, ils arrivèrent à Angra de San-Blas[7], soixante lieues au delà du cap. Gama fit venir les Nègres au bruit des sonnettes, et leur donna quelques bonnets rouges pour des bracelets d'ivoire. Ils lui amenèrent des bœufs et des moutons quelques jours après, et commencèrent à jouer de quatre flûtes qu'ils accompagnaient de la voix. L'amiral fit sonner ses trompettes, et tous, Nègres et Portugais, se mirent à danser ensemble, tant la musique a de pouvoir pour unir les hommes! De San-Blas on arriva jusqu'à l'embouchure d'une rivière qui fut nommée de los Reyès, parce qu'on était au jour de l'Épiphanie. En général, presque tous les noms européens donnés à ces nouveaux pays étaient ceux des saints que l'on fêtait le jour où l'on prenait terre.