Note (Retour au texte.) — CHAPITRE III.
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Albuquerque fut alors au faîte de la grandeur. Les rois de Siam et de Pégou, dans la presqu'île au delà du Gange, de Narsinga, près de la côte de Coromandel et de Visapour, recherchèrent son alliance; le samorin consentit à laisser bâtir un fort qui devait dominer Calicut. Les lieutenans du vice-roi découvraient dans le même temps les Moluques. Lui-même conduisit dans la mer Rouge la première flotte portugaise qui eût encore passé le détroit de Babelmandel: il échoua, il est vrai, devant Aden; mais s'étant présenté devant Ormuz, il trouva que la terreur de son nom lui avait tout soumis par avance. Le roi d'Ormuz renouvela le traité qui mettait son pays sous la protection du Portugal; on rendit aux Portugais le fort qu'ils avaient commencé et qu'ils achevèrent: pour comble d'insulte, Albuquerque força le roi d'Ormuz de lui donner l'artillerie de sa capitale pour défendre le fort. Il reçut avec toute la pompe d'un souverain les ambassadeurs d'Ismaël, roi de Perse, qui lui envoyait des présens. Mais, au milieu de tant de gloire et de prospérité, sa santé, altérée par les fatigues, s'affaiblissait de jour en jour. Des ordres de sa cour, qui, pour toute récompense de ses services, le rappelaient à Lisbonne et lui donnaient un successeur, lui portèrent une atteinte plus dangereuse que ses maladies. Il reçut ces ordres comme il retournait dans l'Inde pour y rétablir sa santé: il se permit à peine quelques plaintes; mais étouffant la douleur qui les lui arrachait, il tomba dans une profonde mélancolie, dont il ne sortit que pour rendre le dernier soupir, en arrivant à Goa le 16 décembre 1515; il était dans la soixante-troisième année de son âge. Les Portugais n'avaient point eu dans l'Inde de commandant qui eût fait de si grandes choses, et depuis ils n'en eurent point qui l'égalât[12].