Note 29 — XXXV. 1848–1863.
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Nous rappelons qu’en Ukraine Occidentale, où la population ukrainienne avait eu affaire aux Polonais, aux Roumains, aux Magyars et aux Allemands, mais point aux autres slaves orientaux, l’ancien nom de Roussine, Rousnak s’est conservé jusqu’à nos jours. Mais la confusion résultant de l’usage du mot « Rousǐ » ou « Rousky » (avec un s), alors que les Grands-Russes et les gens mêmes du pays d’orientation moscovite étaient appelés « Rousǐ » ou « Roussky » (avec deux s), prêtait à toutes sortes de malentendus. C’est pourquoi, en fin de compte les Roussines ou Ruthènes ont adopté les noms « d’Ukraine » et « d’Ukrainien », pour se désigner, eux et leur pays. Ces appellations avaient été mises en usage par le cercle de Charkov pour désigner la langue populaire dont ils se servaient, puis la littérature à qui elle servait d’instrument, enfin le peuple de la bouche duquel on l’avait prise. Popularisées encore davantage par la Confrérie de Cyrille et de Méthode (surtout par Chevtchenko), ces désignations ont fini par supplanter les termes officiels de « Petite Russie » et « Petit-russien », en dépit des efforts de la censure, qui ne pouvait souffrir le nom « d’Ukrainien ».