Note 9 — XVI. Antagonisme des nationalités.
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Au XIVe siècle, Olguerd avait émis l’opinion que « toute la Russie devait appartenir à la Lithuanie ». Son dessein était de réunir sous sa dynastie tous les pays de l’ancien royaume de Kiev. Et comme cette dynastie se montra jalouse de conserver les traditions de Kiev, cela attira les pays slaves sous son égide. Mais au XVe siècle, au contraire, l’état protégeait la religion catholique, persécutait les orthodoxes pour les amener à adopter l’union des églises, les principautés étaient abolies et transformées en simples provinces, on écartait les princes et les boïards orthodoxes des fonctions publiques, conformément à l’union de 1385 et ses interprétations postérieures. Tout cela fit naître un mouvement contraire à la Lithuanie et qui favorisait sa rivale, la Moscovie. Les évènements, qui survinrent au tournant du XVe et XVIe siècle, firent germer dans les sphères moscovites l’idée d’un droit dynastique des princes de Moscou sur les pays du système de Kiev. Cela poussa les écrivains grands-russes à échafauder le système d’une Moscovie héritière des traditions politiques de Kiev, de sa civilisation et de la pensée nationale. La translation du métropolite de Kiev à Moscou, sembla donner une première base à ces prétentions, car, au fond, cette opinion que la Grande-Russie serait la vraie continuatrice de la vie de Kiev et non pas Halitch, Lviv et Kiev lui-même, ne repose que sur l’apparente succession de la hiérarchie religieuse et de la dynastie politique. En fait, comme nous l’avons vu, l’ancienne vie de Kiev a continué d’exister sans interruption à Vladimir de Volhynie, à Halitch, à Lviv, à Kiev et n’a jamais quitté le territoire de l’Ukraine.