Note 330 — LIVRE III.
Reading edition
Note 330: (retour) projectio, prolatio, d'abord employé, mais devenu suspect par l'usage qu'en avaient fait les Ariens et les Valentiniens. Puis, on y est revenu, notamment Tertullien, Grégoire de Nazianze et saint Jean Damascène qui nomme le Père διά λόγου προβολεύς τού έκφαντορικοϋ πνεύματος (De Fide, I, XIII). Tel fut aussi le sort du mot ύπόρροια, transfusio, écoulement ou émanation, compromis par les Sabelliens, réhabilité par Athanase et Origène. Mais Προβολή est resté plus usité, surtout comme procession du Saint-Esprit. Celle ci a été diversement nommée. Comme il y a toujours eu dans la désignation des personnes quelque trace d'une métaphore qui représentait le Père comme la pensée, le fils comme la parole, le Saint Esprit comme le souffle, résultat ou lien de la pensée et de la parole, le mot πνοή, spiratio, A été le plus volontiers admis avec celui d'έκπορευσις, consacré par le verset de l'Évangile qui sert de titre au dogme même. Mais on dit aussi έκπορευσις, sortie, έκπεμφις émission, προέίναι, laisser échapper, προσκεϊσται, S'attacher, έκφυσις, rejeton. C'est ici une des idées chrétiennes qu'il est le plus facile de confondre avec une idée alexandrine. L'expression figurée de processus a bien de l'analogie avec le πρόοδος de Proclus, et on lit dans Grégoire de Nazianze que les propriétés des personnes sont τό άναρχον γέννησις ή πρόοδος. (Proclus, Theol. plat., t. III, c. xxi.—Nazianz., Or., xiii.—Sulcor., Thesaur., verbo έκπόρευσις.—Pelav., Dogm. Theol., t. II, t. V, c. viii, t. VII, c. x et xi, t. VIII, c. i.)