Note (retour) — LIVRE III. (continued 2)
Reading edition
Abélard rencontre en passant quelque chose qui intéresse la création des espèces. C'est à ces mots: Creavit.... omnem amimam viventem atque motabilem (sic), quam produxerant aquaoe in species suas. Cela signifie, dit notre commentateur, que Dieu créa toute âme, c'est-à-dire tout animé en telles ou telles espèces (tales in species); c'est comme s'il était dit que Dieu a créé tout animé, quant à l'espèce et non quant au nombre, toutes les espèces et non tous les individus. Lorsqu'il est dit plus tard que Dieu se reposa, il faut entendre qu'il cessa de créer, non des individus, mais des espèces, celles-ci étant désormais toutes préparées. Le commandement: Croissez et multipliez ne s'adresse qu'aux individus. Le sixième jour, Dieu dit: «Producat terra animam viventem in genere suo jumenta, etc. Il s'agit de la création des animaux terrestres; toute âme vivante en son genre équivaut à tout animé vivant dans son genre. Les animaux vivent en effet dans leur genre, bien qu'ils meurent comme individus. «Ils vivent dans leur genre, c'est-à-dire dans leur espèce, ceux qui furent créés les premiers, quoiqu'ils ne vivent plus en soi. C'est ainsi qu'on dit d'un tyran mort qu'il vit dans ses enfants516.» Ceci est-il du réalisme ou du nominalisme?