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Abélard, Tome I

Note 60 — LIVRE PREMIER.

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Note 60:

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«In toto regno nominatissimam.» (Ep. I, p. 10.) Observez qu'il s'en fallait alors que

totum regnum

fût toute la France; mais il n'en est pas moins vrai que la réputation littéraire et scientifique d'Héloïse n'a pas eu d'égale dans les temps modernes. Malgré la déclaration modeste d'Abélard,

per faciem non infima

, on s'est obstiné à croire à la grande beauté d'Héloïse. On a supposé, contre toute vraisemblance, que le

Roman de la Rose

, commencé et surtout achevé après la mort d'Abélard, était son ouvrage, parce qu'il y est question de lui, et l'on a dit qu'il y avait fait le portrait d'Héloïse, sous le nom de

Beauté

. C'est le portrait de la beauté parfaite suivant Guillaume de Lorris, auteur de la première partie du poème. (Le

Roman de la Rose

, v. 999, édit. de M. Méon, t. 1, p. 41.)

El ne fu oscure ne brune, Ains fu clere comme la lune, Envers qui les autres estoiles Resemblent petites chandoiles. Tendre et la char comme rousée Simple fu cum une espousée Et blanche comme flor de lis; Si ot le vis (visage) cler et alis (uni), Et fu greslete et alignie, Ne fu fardée ne guignie (déguisée): Car el n'avoit mie mestier De sol tifer ne d'afetier. Les cheveus ot blons et si lons Qu'il li batoient as talons; Nez ot bien fait, et yelx et bouche. Moult grand douçor au cuer me touche, Si m'aïst Diex, quant il me membre (souvient) De la façon de chascun membre, Qu'il n'ot si bele fame ou monde, Briément el fu jonete et blonde, Sede (gracieuse), plaisante, aperte, et cointe (jolie), Grassete et gresle, gente et jointe.

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