Note 3 — LIVRE PREMIER.
Reading edition
Note 3:
(retour)
C'est Abélard qui dit que
Breton
vient de
brute
. « Brito dictas est quasi brutus. Licet enim non omnes vel soli sint stolidi, hoc (
sic
) tamen qui nomen Britonis composuit secundum affinitatem nominis bruti, in intentione habuit quod maxima pars Britonum fatua esset.» Et on lit, en effet, dans le roman de Brut, que Brutus
Apela de Bruto Bretons Les Troyens ses compaignons. (V. 1211 et 1212.)
Il s'agit, il est vrai, de la Grande-Bretagne, mais elle donna son nom à l'Armorique. Les savants pensent que le nom de Bretons vient de
Vrezonze
ou
Brazonce
, les
peints
, les tatoués, comme les
Pictes
de l'Angleterre. Cependant l'esprit pénétrant des clercs bretons est attesté par Othon de Frisingen, mais i1 veut qu'en toute autre chose que les arts (la rhétorique et la dialectique), les Bretons soient presque stupides. C'est en faisant allusion à cette subtilité particulière qu'Abélard dit de lui même: «Natura terrae meae vel generis animo levis.» Car je crois qu'ici
animo levis
signifie plutôt l'esprit prompt que la légèreté du caractère: ce n'est pas l'usage d'Abélard de parler modestement de lui-même, et la légèreté n'est pas le défaut breton. (Ouvr. inéd. d'Ab.
Dialectic.
, p. 222 et 591.—
De Gest. Frid. I imper.
, l. I, c. XLVII.—
Ab. Op.
, ep. I, p. 4.)