Note 281 — SIÈCLE DE LOUIS XIV. (continued 6)
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On a imprimé plusieurs fois qu’il y a encore en France trois millions de réformés. Cette exagération est intolérable. M. de Bâville n’en comptait pas cent mille en Languedoc, et il était exact. Il n’y en a pas quinze mille dans Paris: beaucoup de villes et des provinces entières n’en ont point.—Les protestants qui vivent à Paris sont enterrés par ordre de la police. Le nombre des morts est donc connu par ses registres, et il en résulte qu’ils forment environ la dixième partie de la population, les étrangers compris. Il ne serait pas surprenant que les protestants, relégués par les lois dans les classes qui peuplent le plus, eussent beaucoup plus que doublé depuis la révocation de l’édit de Nantes.
Bâville ne mérite aucune croyance. Il est très vraisemblable que la terreur qu’il avait inspirée avait forcé les huguenots à sortir du Languedoc, ou à dissimuler, et à se cacher. Il était d’ailleurs intéressé à en diminuer le nombre. C’était un moyen de plaire à Louis XIV: et pourquoi, après avoir versé tant de sang pour se frayer la route du ministère, se serait-il fait scrupule d’un mensonge? K.—On porte aujourd’hui (1830) à onze ou douze cent mille le nombre des protestants dans toute la France. B.