Note 216 — SIÈCLE DE LOUIS XIV. (continued 5)
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L’abbé de Saint-Pierre, dans son Journal politique, à l’article du Système, dit qu’en Angleterre et en Hollande il n’y a de papiers qu’autant qu’il y a d’espèces: mais il est avéré que le papier l’emporte beaucoup, et ne subsiste que par la confiance.—Le crédit de ces billets ne peut être fondé que sur la confiance qu’ils peuvent à volonté être échangés pour de l’argent; et cette confiance est fondée sur celle que la banque dont ils partent est en état de payer à chaque instant ceux qui seraient présentés. La confiance est donc précaire lorsque la masse de ces billets surpasse la somme que cette banque peut rassembler en peu de temps. Les billets sont aux emprunts pour les états ce que les billets à vue sont aux contrats ou aux billets ordinaires des particuliers. Vous pouvez prêter à un homme une somme à peu près équivalente à sa fortune; vous ne prendrez, au lieu d’argent comptant, un billet sur lui que jusqu’à la concurrence de la somme que vous croyez qu’il pourra rassembler au moment de votre demande. Ces billets sont utiles, 1º parcequ’ils procurent à un état une somme égale à leur valeur, dont il ne paie point l’intérêt, et qu’il est sûr de ne jamais rembourser tant que la confiance durera. 2º Ils servent nécessairement, en diminuant la nécessité des transports d’argent, à diminuer les frais de banque pour l’état comme pour les particuliers, et à faire baisser le taux de ces frais. Mais ils ont un grand désavantage, celui de mettre la foi publique, les fonds de l’état, la fortune des particuliers, à la merci de l’opinion d’un moment. Ainsi, dans un gouvernement éclairé et sage, on n’en aurait jamais que ce qui est nécessaire pour la facilité du commerce et des affaires particulières. K.