Note 200 — SIÈCLE DE LOUIS XIV. (continued 4)
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C’est ici la véritable cause de la prospérité de la nation française sous Louis XIV. Les circonstances où il se trouva contribuèrent sans doute à cette tranquillité de l’état; mais le caractère du roi, et la persuasion qu’il sut établir que tout ce qui était ordonné en son nom était sa volonté propre, y servirent beaucoup. Malgré la barbarie d’une partie des lois, malgré les vices des principes d’administration, l’augmentation des impôts, leur forme onéreuse, la dureté des lois fiscales; malgré les mauvaises maximes qui dirigèrent le gouvernement dans la législation du commerce et des manufactures; enfin, malgré les persécutions contre les protestants, on peut observer que les peuples de l’intérieur du royaume, et même, jusqu’à la guerre de la succession, ceux des provinces frontières, ont vécu en paix, à l’abri des lois; le cultivateur, l’artisan, le manufacturier, le marchand, étaient sûrs de recueillir le fruit de leur travail, sans craindre ni les brigands ni les petits oppresseurs. On put donc perfectionner la culture et les arts, se livrer à de grandes entreprises dans les manufactures et dans le commerce, y consacrer des capitaux considérables, faire des avances, même pour des temps éloignés. Cette paix dans l’intérieur d’un état est d’une plus grande importance que la plupart des politiques ne l’ont cru. De ce qu’un état tranquille a prospéré, il ne faut point en conclure qu’il ait eu ni de bonnes lois, ni une bonne constitution, ni un bon gouvernement. K.