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Œuvres de Voltaire Tome XX, Tome II

Note 181 — SIÈCLE DE LOUIS XIV. (continued 4)

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Un autre négociant, consulté par lui sur ce qu’il devait faire pour encourager le commerce, lui répondit, «Laisser faire, et laisser passer;» et il avait raison. Colbert fit précisément le contraire; il multiplia les droits de toute espèce, prodigua les réglements en tout genre. Quelques artistes instruits lui ayant donné des mémoires sur la méthode de fabriquer différentes espèces de tissus, sur l’art de la teinture, etc., il s’imagina d’ériger en lois ce qui n’était que la description des procédés usités dans les meilleures manufactures: comme s’il n’était pas de la nature des arts de perfectionner sans cesse leurs procédés; comme si le génie d’invention pouvait attendre pour agir la permission du législateur; comme si les produits des manufactures ne devaient pas changer, suivant les différentes modes de se vêtir, de se meubler. On condamnait à des peines infamantes les ouvriers qui s’écarteraient des règlements établis pour fixer la largeur d’une étoffe, le nombre des fils de la chaîne, la nature de la soie, du fil qu’on devait employer: et on a long-temps appelé ces réglements ridicules et tyranniques une protection accordée aux arts. On doit pardonner à Colbert d’avoir ignoré des principes inconnus de son temps, et même long-temps après lui; mais ces condamnations rigoureuses, cette tyrannie qui érige en crimes des actions légitimes en elles-mêmes, ne peuvent être excusées. K.

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