Note (retour) — DE LORD BYRON.
Paulin Paris translation
La même dame rend compte des sentimens de Byron, à la mort de sa fille Allégra, dans les termes suivans: «--A l'occasion de la mort de sa fille naturelle, j'ai vu dans sa douleur tout ce qu'il y a de plus profond dans la tendresse paternelle. Sa conduite envers cet enfant avait toujours été celle du père le plus aimant; mais, d'après ses paroles, on n'aurait pas jugé qu'il eût tant d'affection pour sa fille. A la première nouvelle de la maladie d'Allégra, il fut extrêmement agité; puis arriva la nouvelle de la mort, et je dus remplir le triste devoir de la communiquer à Lord Byron. Ce terrible moment restera toujours gravé dans ma mémoire. Depuis plusieurs jours, il ne sortait plus le soir; je me rendis donc auprès de lui. La première demande qu'il me fit fut relative au courrier qu'il avait expédié pour avoir des nouvelles de sa fille, et dont le retard l'inquiétait. Après un court moment de silence, avec tout l'art que put me suggérer ma propre douleur, je lui ôtai tout espoir de guérison pour sa fille. «J'ai compris, dit-il,--c'est assez, n'en dites pas davantage,»--et une pâleur mortelle s'empara de son visage; ses forces l'abandonnèrent, et il tomba sur un siége. Son regard devint fixe, et me fit trembler pour sa raison. Lord Byron resta une heure dans cet état; et aucune des paroles de consolation que je pus lui adresser, ne paraissait pas plus pénétrer dans ses oreilles que dans son cœur. Mais en voilà assez sur ce triste épisode, sur lequel je ne puis m'arrêter après tant d'années, sans réveiller de nouveau dans mon ame les terribles souffrances de ce jour. Le lendemain matin je trouvai Lord Byron tranquille, et avec une expression de résignation religieuse sur le visage. «Elle est plus heureuse que nous, dit-il,--d'ailleurs sa situation dans le monde ne lui aurait peut-être pas donné le bonheur. Dieu l'a voulu ainsi;--n'en parlons plus». Et, depuis ce jour, il n'a plus voulu prononcer le nom de cette petite fille. Mais il devint plus inquiet sur le compte d'Ada, au point de se tourmenter quand il y avait quelque retard dans l'arrivée des notes qu'on lui envoyait régulièrement sur elle18.»