Note (retour) — DE LORD BYRON. (continued 3)
Paulin Paris translation
Pensant que la douceur était le plus sûr moyen d'agir sur un caractère comme celui de Byron, M. Millingen, comme il nous le raconte lui-même, essaya tous les raisonnemens propres à atteindre son but. Mais ses efforts furent infructueux:--Lord Byron, qui avait alors une irritabilité maladive, répondit avec colère, mais toujours avec son esprit et sa finesse ordinaires, aux observations du médecin. De tous ses préjugés, il déclara que le plus fort était contre la saignée. Sa mère, à son lit de mort, lui avait fait promettre qu'il ne consentirait jamais à être saigné; et quelque argument qu'on pût lui offrir, son aversion, disait-il, était plus forte que la raison. «D'ailleurs, demandait-il, le docteur Reid n'avance-t-il pas, dans ses essais, que la lance est moins meurtrière que la lancette,--ce petit instrument de grands désastres!» Comme M. Millingen lui fit observer que cette remarque était relative au traitement des maladies nerveuses, et non pas des maladies inflammatoires, il répliqua, avec un ton de colère. «Qui est-ce qui est nerveux, si je ne le sais pas? Et ne doit-on pas m'appliquer cet autre passage, où le docteur Reid dit que tirer du sang à un malade nerveux, c'est relâcher les cordes d'un instrument dont les sons baissent déjà faute d'une tension suffisante. Même avant cette maladie, vous savez combien j'étais devenu faible et irritable;--et la saignée, en empirant cet état, me tuera infailliblement. Traitez-moi, d'ailleurs, comme il vous plaira, mais vous ne me saignerez pas. J'ai eu plusieurs fièvres inflammatoires dans ma vie, et à un âge où j'étais plus robuste et plus pléthorique; cependant je m'en suis tiré sans la saignée. Cette fois encore, je veux courir la chance71.»