Note (retour) — DE LORD BYRON.
Paulin Paris translation
Ne se contentant pas de ces charges ordinaires et palpables, la voix publique s'enhardit à aller encore plus loin, et se prévalant du mystérieux silence que gardait l'une des parties, elle osa se répandre en sombres suggestions, en insinuations vagues, que l'imagination de chaque auditeur fut libre d'interpréter comme il lui plut. La conséquence de toutes ces calomnies fut que le cri public s'éleva contre Lord Byron, comme on n'en avait peut-être jamais vu d'exemple dans la vie privée: et toute la gloire qu'il s'était acquise pendant le cours des quatre années qui venaient de s'écouler n'avait pas surpassé de beaucoup les reproches et les accusations calomnieuses qui, dans l'espace de quelques semaines, avaient fondu sur lui. Outre ceux qui croyaient de bonne foi à des excès que les apparences ne rendaient que trop probables, et qui les réprouvaient également, soit qu'ils le considérassent comme poète, ou comme homme du monde, il y avait aussi sans cesse sur le qui vive, cette classe nombreuse et active de gens qui regardent la haine des vices des autres comme équivalant à la vertu, ainsi que ces ennemis naturels de tous les succès qui, ayant long-tems souffert de la gloire du poète, purent alors, sous le masque de champions de l'innocence, accabler l'homme de toute leur malignité. Journaux, libelles, caricatures, tout fut employé pour livrer son caractère à la haine publique 19. À peine une voix s'éleva-t-elle en sa faveur, ou fut-elle écoutée; et, quoiqu'un petit nombre d'amis fût resté inébranlable à ses côtés, ils désespérèrent totalement, ainsi que lui-même, de parvenir à arrêter ce torrent, et, après s'être efforcés deux ou trois fois en vain de se faire entendre, ils se résignèrent au silence. Au nombre des tentatives qu'il fit pour confondre ses calomniateurs, est un appel (tel que celui qui est contenu dans le billet suivant) à quelques-uns de ceux avec lesquels il avait continué de vivre familièrement.