Note (retour) — DE LORD BYRON. (continued 2)
Paulin Paris translation
«Vous me demandez de rappeler quelques anecdotes du tems que nous passâmes ensemble à Harrowgate, pendant l'été de 1806, et à notre retour du collége, lui de Cambridge, moi d'Édimbourg; mais tant d'années se sont écoulées depuis, que je n'entrevois plus ce voyage que comme un songe lointain. Nous partîmes, je m'en souviens bien, dans la voiture de Lord Byron, traînée par des chevaux de poste: il avait fait partir son groom avec deux chevaux de selle et un superbe et féroce boul-dogue appelé Nelson. Quant à Boatswain 50, il nous suivait, à côté de Frank, sur le coffre de la voiture. Le boul-dogue Nelson portait une muselière; mais cependant quelquefois il entrait dans notre appartement sans cette précaution, à mon grand ennui, bien que lui et son maître fussent enchantés de mettre tout en désordre dans la salle. Il y avait toujours un fonds de jalousie haineuse entre ce Nelson et Boatswain; et chaque fois que celui-ci rencontrait l'autre dans la chambre, ils en venaient aussitôt aux prises. Alors Byron, moi-même, Frank et tous ceux qui se trouvaient là, travaillions de toutes nos forces à les séparer: ce que nous n'obtenions guère qu'en leur jetant dans la gueule la pelle et les pincettes. Mais un jour Nelson s'échappa par malheur de la salle, démuselé; il s'élança dans l'écurie, se jeta au cou d'un cheval, et ce fut inutilement qu'on voulut lui faire lâcher prise. Les valets d'écurie, alarmés, coururent chercher Frank, qui prenant un pistolet de Wogdon, que son maître tenait toujours chargé dans sa chambre, le tira dans la tête du pauvre Nelson. Lord Byron en eut le plus grand regret.