Note (retour) — L'ILE,
Paulin Paris translation
1. Combien doux étaient les chants de Toobonai, alors que le soleil d'été descendait sur la baie de corail 38! Viens, disaient les jeunes filles; avançons vers le plus frais ombrage de l'îlette: nous y écouterons le ramage des oiseaux! la colombe des bois enverra, du milieu des arbres, son roucoulement, semblable à la voix des dieux partie de Bolotoo; nous cueillerons les fleurs qui naissent sur la couche des morts: les plus fraîches s'élèvent où repose la tête des guerriers. Nous nous assiérons en face du crépuscule; nous verrons les suaves rayons de la lune glisser au travers des branches du tooa, et le bruissement léger de leurs soupirs charmera nos oreilles, quand nous nous reposerons sous leur abri. Ou bien gravissons le précipice: nous contemplerons les flots venant combattre le gigantesque rocher, qui bientôt les repousse dédaigneusement en écumantes colonnes. Qu'elles sont belles! et qu'ils sont heureux ceux qui, libres des travaux et du tumulte de l'existence, se contentent de regarder du rivage l'espace que l'Océan remplit tout entier! L'Océan lui-même se complaît dans l'azur de sa surface; et souvent il vient, à la clarté de la lune, peigner en cet endroit sa flottante chevelure.