Note (retour) — L'ILE,
Paulin Paris translation
7. La jeune sauvage tira de son sein une torche de pin, entourée de gnatoo, et recouverte d'une feuille de plantain, afin de mieux préserver de l'humidité des flots sa dernière étincelle. Cette enveloppe l'avait tenue sèche; puis, tirant de la même feuille de plantain une pierre et quelques petits branchages de bois sec, elle en fit jaillir du feu avec la lame du couteau de Torquil, et allumant sa torche, elle en éclaira la grotte. Cette dernière apparut alors vaste et élevée; c'était une voûte gothique qui s'était créée elle-même. La nature était l'architecte qui avait élevé ses arceaux; les architraves étaient peut-être dus à quelque tremblement de terre. Les arcs-boutans avaient pu être précipités du sein de quelque montagne, alors que les pôles craquaient, et que le monde était couvert d'eau; ou peut-être calcinés par un feu concentré dans les entrailles de la terre, tandis qu'à peine échappé de son bûcher funèbre, les débris du globe fumaient encore. Rien n'y manquait, ni le faîte orné de ciselures et de reliefs, ni les ailes 53, ni la nef. Là, tout semblait avoir été creusé des mains de l'obscurité pour y faire son temple. Là, aussi, en se livrant quelque peu aux fantaisies de l'imagination, on croyait voir la voûte peuplée de figures bizarres, tristes ou grimaçantes. Une mitre, une châsse attiraient l'œil qui se reportait bientôt sur l'image d'un crucifix. C'est ainsi que la nature, se jouant avec les stalactites, s'était élevé une chapelle au sein des mers.