Note (retour) — L'ILE,
Paulin Paris translation
21. «Quelles nouvelles, Ben Bunting? s'écria notre nouvel ami Torquil, lorsqu'il vit le marin en face. Y a-t-il quelque chose de neuf?» «Oui, oui, répondit Ben, rien de neuf, mais assez de nouvelles; une étrange voile s'est montrée au large.» «Une voile! qu'entends-je? Mais comment avez-vous pu la découvrir? C'est impossible. Je n'ai pas vu sur la mer le moindre lambeau de toile.» «Cela se peut, dit Ben, vous avez pu ne pas la voir de la baie; mais moi, du haut du rocher où j'ai fait le quart aujourd'hui, je l'ai aperçue dans le bassin, car le vent était frais et propice.» «Et lorsque le soleil s'est couché, où était-elle? Avait-elle jeté l'ancre?» «Non, mais elle a continué de se diriger sur nous jusqu'à ce que le vent soit tombé.» «Et son pavillon?» «Je n'avais pas de lunette; mais, de par Dieu, tout loin qu'elle fût, la sorcière ne m'a pas paru nous vouloir du bien.» «Est-elle armée?» «Je m'y attends; on a envoyé à la découverte; il est tems, ce me semble, pour nous de mettre à la mer.» «À la mer? Quel que soit celui qui nous donne maintenant la chasse, nous ne fuirons pas le combat, car ce serait une lâcheté; nous mourrons à notre poste comme des braves.» «Oui, oui; quant à cela, c'est tout-à-fait égal à Ben.» «Christian sait-il cette nouvelle?» «Oui, et il a mis tous les bras en réquisition, et rassemblé tous nos gens au quartier. Ils sont occupés à fourbir leurs armes, et nous avons des canons à transporter et à mettre en état; on vous demande.» «C'est trop juste, et ne le serait-ce pas, je n'ai pas une ame capable d'abandonner mes camarades sans secours pendant l'orage. Ma Neuah! ah! pourquoi le sort ne poursuit-il pas que moi seul? Pourquoi doit-il persécuter aussi un être si tendre et si fidèle? Mais quoi qu'il arrive, ah! Neuah, n'amollis pas mon courage. Le tems presse et ne me permet pas une seule larme.--Mais quoi qu'il advienne, je suis à toi.»--«Il a raison, ajouta Ben. C'est bon pour la marine 48.»