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Œuvres complètes de lord Byron, Tome 08

Note (retour) — L'ILE,

Paulin Paris translation

10. Les yeux fixés sur les flots, il était assis auprès de Neuah, de Neuah qui, parmi les filles de l'île, est comparable à cette plante qui, sans cesse tournée vers le soleil, en a reçu le nom. Noble, mais d'une noblesse qui fait sourire nos généalogistes qui n'ont pas d'armoiries pour ces contrées inconnues; issue d'une longue race d'hommes libres et vaillans, race de preux ne connaissant pas l'usage des vêtemens, et formant une chevalerie sauvage dont les huttes couvertes de mousse s'élèvent le long des rivages de la mer. J'ai vu la tienne, Achille, et n'ai pas vu autre chose! Mais quand ces étrangers porteurs de la foudre arrivèrent dans leurs vastes canots ceints de traits de flamme, hérissés de grands arbres qui, plus hauts que le palmier, semblaient, pendant le calme, avoir pris racine dans les profondeurs de l'océan, et, lorsque les vents se réveillaient, déployaient des ailes aussi larges que le nuage qui s'étend à l'horizon; et, semblables à des cités de la mer, commandaient aux flots, et enchaînaient presque les vagues turbulentes, la jeune sauvage, dans son léger esquif, agitant mollement sa pagaïe, s'élança sur la surface des ondes, comme les rennes à travers les neiges, glissant doucement sur le bord écumeux des brisans, légère comme une Néréide sur son char marin 42, elle contempla, pleine d'étonnement et d'admiration, cette construction gigantesque refoulant chaque vague sous sa pesante masse. L'ancre est jetée, le vaisseau repose au sein de l'océan; et tandis qu'une foule d'embarcations légères forment autour de lui une chaîne mobile, il semble un lion majestueux endormi aux rayons du soleil, et dont un essaim d'abeilles bourdonnantes entourent la flottante crinière.

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