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Œuvres complètes de lord Byron, Tome 05

Note (retour) — NOTES

Paulin Paris translation

28. Dans l'enceinte des mille tombeaux qui apparaissent sous l'ombrage du mélancolique mais vivant cyprès, qui ne se flétrit jamais, quoique ses branches et ses feuilles soient empreintes d'une éternelle douleur, comme un premier amour malheureux, il est un lieu qui fleurit toujours, même dans ce lugubre bosquet de mort.--Une rose isolée y répand son éclat solitaire: douce et pâle, on la dirait plantée par le désespoir;--si blanche,--si languissante, que le plus faible souffle du vent pourrait emporter ses feuilles dans les airs. Et cependant, c'est en vain que les orages et la pluie l'assaillent, que des mains plus rudes que les cieux d'hiver s'efforcent de l'arracher à sa tige; le lendemain la voit refleurir de nouveau! Quelque aimable génie du lieu la relève doucement et l'arrose de larmes célestes; car elles peuvent bien croire, les vierges d'Hellé, que ce ne peut pas être une fleur terrestre, celle qui se moque de l'heure flétrissante de la tempête, et s'épanouit sans être abritée par un bosquet de verdure. Elle ne languit pas, quoique le printems lui refuse sa rosée bienfaisante, que les rayons fécondans de l'été la privent de leurs caresses. Un oiseau inconnu,--mais peu éloigné, lui chante, pendant toute la nuit, des chants plaintifs et mélodieux. Invisibles sont ses ailes aériennes; mais doux comme les harpes dont jouent les houris, sont ses accords ravissans et prolongés! Ce serait le Bulbul loc11; mais sa voix, quoique plaintive, n'a pas des accens si touchans: car ceux qui les entendent ne peuvent abandonner ce lieu, mais ils s'y attachent et pleurent comme s'ils avaient aimé en vain!... Et cependant les larmes qu'ils versent sont si douces, leur douleur est si peu mêlée de crainte, qu'ils peuvent à peine pardonner au matin de venir rompre ce charme mélancolique. Ils voudraient veiller et pleurer plus long-tems; cet oiseau a des chants si étranges et si beaux! Mais lorsque le jour apparaît soudain dans les cieux, cette magique mélodie expire. Il en est qui ont cru (tant les rêves de la jeunesse sont décevans, mais ceux qui les blâment sont bien durs) que des accens si pénétrans et si profonds formaient et faisaient entendre le nom de Zuleïka f43. C'est de la cime de son cyprès que ce nom aérien part et se perd dans les airs; c'est à la poussière tendre et virginale de sa tombe que la pâle rose doit sa naissance et sa frêle vie. Un marbre avait été placé récemment sur cette tombe; le soir le vit poser,--le matin il n'y était plus!

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