Note (retour) — AVERTISSEMENT.
Paulin Paris translation
1. Longues années!--Elles mettent à l'épreuve des souffrances le corps fragile et l'esprit d'aigle d'un enfant de la poésie.--Longues années d'outrages! calomnie et persécutions, folie supposée, solitude emprisonnée, et le cancer dévorant de l'ame dans sa forme la plus redoutable, lorsque la soif impatiente de la lumière et de l'air dessèche le cœur; et que la grille de fer abhorrée, souillant les rayons du soleil de son ombre hideuse, pénètre, par cette ombre, à travers la prunelle frémissante de l'œil, jusque dans le cerveau, en y portant un brûlant sentiment de pesanteur et de peine; quand, dénué de tout, la captivité déployée est là debout, raillant à travers la porte jamais ouverte, qui ne laisse rien passer à travers ses barreaux, excepté un peu de jour, et une nourriture dégoûtante que j'ai mangée seul, jusqu'à ce qu'elle eût perdu son amertume insociale. Je dois vivre comme une bête de proie, dînant tristement seul, étendu dans le caveau qui est mon seul lieu de repos loc30, et--peut-être--mon tombeau. Tout cela m'a quelque peu abattu; mais je n'y succomberai pas, je le supporterai. Je ne me courbe pas sous le désespoir; car j'ai lutté avec mon agonie, et me suis donné des ailes pour m'envoler loin de l'enceinte étroite des murs de mon cachot, et j'ai délivré le saint sépulcre de l'esclavage, et je me suis réjoui parmi des hommes et des êtres divins, et j'ai porté ma pensée dans la Palestine, en mémoire de la guerre sacrée entreprise à l'honneur du Dieu qui a passé sur la terre et qui est maintenant dans le ciel; car il a donné de la force à mon cœur et à mes membres. Afin que je puisse être pardonné pour les souffrances que j'éprouve, j'ai employé le tems de ma pénitence à rappeler comment le saint sépulcre de Jérusalem fut conquis, et comment il fut adoré.