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Œuvres complètes de lord Byron, Tome 04

Note (retour) — L'AGE DE BRONZE.

Paulin Paris translation

14. Hélas! pauvre contrée 242! comment la langue ou la plume déplorera-t-elle tes country-gentlemen, aujourd'hui pris au dépourvu, les derniers à imposer silence au cri de guerre, les premiers à faire de la paix une maladie? Pourquoi sont nés tous ces patriotes de campagne 243? pour chasser, voter, et hausser le prix du grain? Mais le grain, comme toute chose mortelle, doit tomber: oui, tout tombe, rois, conquérans, et principalement le cours des marchés. Devez-vous donc tomber avec chaque épi de blé? Pourquoi troubliez-vous Bonaparte dans son empire? Il était votre grand Triptolème: ses vices ne détruisaient que des royaumes, mais maintenaient vos prix: il agrandissait, au profit et au contentement de tous les lords, le grand œuvre d'alchimie agraire que l'on appelle rente 244. Pourquoi le tyran trébucha-t-il chez les Tartares, et fit-il baisser le froment à un taux si désespérant? cet homme valait beaucoup plus sur son trône. A dire vrai, le sang et l'argent étaient répandus sans mesure; mais qu'est-ce que cela? le crime peut en retomber sur la Gaule. Mais le pain était cher, le fermier payait exactement, et les arpens de terre acquittaient leur dette au jour fixé. Maintenant, qu'est devenu le compte clair et net de l'ale? le métayer, fier de sa bourse bien arrondie, et connu pour n'avoir jamais manqué à un paiement? la ferme qui jusqu'ici ne resta jamais sur les bras du propriétaire? le marais converti en champ fertile? l'espoir impatient de l'expiration du bail? les fermages portés au double? Ah! que la paix est un grand mal! En vain l'on propose des prix pour exciter le génie du cultivateur, en vain la chambre des communes vote son bill patriotique, l'intérêt foncier,--(peut-être comprendrez-vous mieux la phrase en supprimant l'épithète) 245--l'intérêt frappe tous les échos de ses gémissemens, dans la crainte que l'aisance ne descende jusqu'au pauvre. Vite! vite! rentes foncières 246, hâtez-vous de hausser: sinon le ministère perdra ses votes; le patriotisme, si délicat et si pur, baissera ses pains au prix courant, car, hélas! les pains et les poissons, naguère cotés si haut, aujourd'hui ne sont plus;--les fours sont fermés, les pêcheries à sec, et après tant de millions dépensés, il ne reste plus qu'à devenir modérés et contens. Ceux qui ne le sont pas ont eu leur tour,--et toujours tour à tour l'urne de la fortune verse le bien et le mal. Qu'ils trouvent aujourd'hui leur récompense dans leur vertu, et qu'ils partagent les heureuses destinées qu'eux-mêmes ont préparées. Voyez donc cet essaim de Cincinnatus sans gloire, fermiers de la guerre et dictateurs des fermes! Leur soc fut le glaive remis entre des mains mercenaires, leurs champs s'engraissèrent du sang des autres contrées. Sains et saufs dans leurs granges, ces laboureurs sabins envoyèrent leurs frères aux combats,--et pourquoi? pour la rente 247! Chaque année ils votèrent par immenses budgets le sang, les sueurs, les millions de la nation en larmes,--et pourquoi? pour la rente! Ils beuglaient, dînaient, buvaient, et juraient qu'ils étaient prêts à mourir pour l'Angleterre; pourquoi donc vivre? pour la rente! La paix a produit le mécontentement général de ces patriotes à grand marché 248; la guerre était pour eux la rente! Comment rétablir leur amour de la patrie, rétablir les millions follement dépensés?--en rétablissant la rente. Ne rendront-ils donc pas les trésors prêtés? non sans doute: il faut tout sacrifier à la hausse de la rente. Leur bien, leur mal, leur santé, leur richesse 249, leur joie ou leur chagrin, leur être, leur fin, leur but, leur religion, c'est la rente! la rente! rien que la rente! O Ésaü, tu vendis ton droit d'aînesse pour un plat de lentilles: tu aurais dû gagner plus, ou manger moins; maintenant tu as avalé goulument ton potage, tes réclamations sont vaines; Jacob dit que le marché tient. Tel fut, seigneurs terriens 250, votre appétit pour la guerre; et, gorgés de sang, vous grognez pour une blessure! Quoi donc? voudrait-on étendre ce tremblement du sol jusqu'à la caisse publique, et, quand la terre s'écroule, ébranler le papier consolidé? pourvu que la rente foncière se relève, faire tomber la banque et la nation, et fonder sur la bourse un fundling hôpital? puis, tandis que la religion se débat dans les convulsions de l'agonie, notre sainte mère l'église ne pleure que sur ses dîmes, comme Niobé sur ses enfans: les prélats sont condamnés au sort des saints, et l'orgueilleux pluralist 251 se voit réduit à un seul bénéfice. L'église, l'état et la faction luttent au milieu des ténèbres, dans l'arche commune où le déluge les ballotte. Sans évêques, sans banques, sans dividendes, une autre Babel s'élève,--mais la Bretagne finit. Et pourquoi? pour choyer les besoins de l'égoïsme, et étayer le tertre de ces fourmis, maîtresses des champs. Regarde ces fourmis, paresseux, et sois sage 252: admire leur patience dans chaque sacrifice, jusqu'à ce que tu aies appris à sentir la leçon de leur orgueil, la valeur des taxes et de l'homicide; admire leur justice qui renierait volontiers la dette des nations:--et pourtant cette dette, répondez, je vous prie, qui l'a faite si haute?

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